Vulgaire (adjectif)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui est commun, qui est reçu communément. "Préjugé vulgaire. Croyance . Opinion ."
"Langues s," par opposition à "Langues savantes," Les différentes langues que les peuples parlent aujourd'hui. "Les traductions de la Bible en langue ."
VULGAIRE signifie encore Qui est trivial, commun. "Des sentiments s. Des manières vulgaires. Une expression . Un homme . Une âme, un esprit ."
VULGAIRE s'emploie aussi comme nom masculin et désigne le Peuple, le commun des hommes. "Il suit en cela l'opinion du . Combattre les préjugés du . Le ignorant."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui se voit communément parmi les hommes. Opinion . Préjugés s.
MOL.: « À tous événements le sage est préparé ; Guéri par la raison des faiblesses s, Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires »
CONDIL.: « Cette interprétation est , dira M. de B., j'en conviens ; mais elle a du moins un avantage, c'est qu'on peut la comprendre »
    ère , voy. ÈRE.
    Plantes s, celles qu'on rencontre à chaque pas.
    Médicament , celui qu'on emploie fréquemment.

 2   Langues s, se dit des langues vivantes par opposition à langues savantes ou langues mortes. Les traductions de la Bible en langues s.
MOL.: « Cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques ; et l'autre, pour la et la maternelle »
BOSSUET: « Ce fut dans des temps si malheureux que la langue hébraïque cessa d'être »
    On dit de même : l'idiome .

 3   Qui ne s'élève, ne se distingue par rien.
MOL.: « C'est aux gens mal tournés, aux mérites s, à brûler constamment pour des beautés sévères »
BOILEAU: « Mais, pour te bien louer, une raison sévère Me dit qu'il faut sortir de la route »
BOILEAU: « Le sujet ne veut pas de s efforts »
RAC.: « Et sans vous rapporter des exemples s, Soliman.... »
VOLT.: « Je ne vous tiendrai point de ces discours s Que dicte la mollesse aux amants ordinaires »

 4   Qui appartient aux classes que rien ne distingue, en parlant des personnes.
BOSSUET: « C'est aux hommes s un trop grand effort que celui de... »

 5   Trivial, bas. Pensées, sentiments s.
MOL.: « Et de vous marier vous osez faire fête ? Ce dessein vous peut monter en tête ? »
STAËL: « Le dégoût qu'on ne peut s'empêcher de sentir pour ce qui est en tout genre »

 6   Sans distinction, en parlant des personnes. Esprit, poëte .
MOL.: « Mon Dieu ! que vous êtes ! »
BOILEAU: « On s'ennuie aux exploits d'un conquérant »
STAËL: « Le peuple napolitain, à quelques égards, n'est point du tout civilisé ; mais il n'est point à la manière des autres peuples »

 7   S. m. Le commun des hommes.
LA FONT.: « Que j'ai toujours haï les pensers du ! Qu'il me semble profane, injuste, téméraire ! »
BOILEAU: « Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent »
RAC.: « Je sais rendre aux sultans de fidèles services, Mais je laisse au adorer leurs caprices »
VOLT.: « On le plaint [Morangiès] autant qu'on s'était déchaîné contre lui ; toutes les opinions ont changé ; tel est le petit et le grand ; tels sont les hommes »
D'ALEMB.: « Quelqu'un a remarqué avec raison qu'au lieu du mot de public, tant prodigué à tort et à travers dans les conversations et dans les écrits, on ferait souvent très bien d'employer celui de que la langue française nous fournit si heureusement pour exprimer cette multitude qui a tant de langues et si peu de têtes, tant d'oreilles et si peu d'yeux »

 8   Il se dit de ceux qui dans une classe ne se distinguent pas. Le des auteurs.
VOLT.: « Autant il faut connaître les grandes actions des souverains qui ont rendu leurs peuples meilleurs et plus heureux, autant on peut ignorer le des rois qui ne pourrait que charger la mémoire »
VOLT.: « Il y a le des grands et le du peuple »
CARREL: « Un grand exemple était dû à ce des classes aisées qui prend l'affreux pour le sublime, et dont le faible esprit avait été comme subjugué par.... »

 9   Ce qui est sans distinction. Donner dans le .

 10   Le , nom donné aux langues romanes (langue d'oïl, langue d'oc, italien et espagnol), par opposition au latin qui était la langue savante.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MAROT: « L'italien, dont la faconde Passe les s [les langues s] du monde »
AMYOT: « Lors Tigranes... dit une parole qui est assez [connue, célèbre]... »
DU BELLAY: « Je n'estime pourtant nostre [langue ] tel qu'il est maintenant, estre si vil et abject, comme font ces ambitieux admirateurs des langues grecque et latine »
MONT.: « Il faut se descharger des humeurs s et nuisibles »
MONT.: « Aulcuns siecles passez, ausquels il estoit ... de veoir un homme moderé en ses vengeances... »
MONT.: « Les enfants, le , les femmes et les malades sont plus subjects à estre menez par les aureilles [par ce qu'on leur dit] »
D'AUB.: « Les crimes plus obscurs n'ont pourtant peu se faire, Qu'ils n'esclattent en l'air aux bouches du »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. volgar, vulgar ; espagn. vulgar ; ital. volgare ; du latin, vulgaris, qui vient de vulgus, foule populaire ; comp. sanscr. varga, troupe, multitude. L'ancienne langue disait vulgal, et, à l'adverbe, vulgaument.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE VULGAIRE. Ajoutez :

 11   Terme de droit romain. Substitution , substitution d'un héritier, faite par le testateur, à l'héritier institué, au cas qu'il ne se présente pas pour recueillir l'hérédité ; signifie ici ordinaire, par opposition à la substitution pupillaire, dans laquelle le testateur substitue un héritier éventuel à son héritier réel, si ce dernier meurt impubère et avant d'avoir eu la capacité de tester lui-même (la substitution est encore, sauf le nom, usitée en droit français ; la substitution pupillaire ne l'est plus).
     Gaz. des Trib. 18 nov. 1874, p. 1105, 2e et 4e col.: Qu'à cet effet, elle [la testatrice] en avait institué deux [légataires] successivement, avec substitution , le second devant éventuellement lui succéder à la place du premier..., les conditions jointes à la substitution doivent être comprises lato sensu


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Qui est commun, qui est reçu communément. "Préjugé . Croyance . Opinion . Expression ."
"Langues s," par opposition à "Langues savantes," Les différentes langues que les peuples parlent aujourd'hui. "Les traductions de la Bible en langues s. Dans le grec , on reconnaît l'ancien grec, qu'on appelle Grec littéral." On dit de même, "L'idiome ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, Trivial. Ainsi on dit, "Des pensées s, des sentiments s," Des pensées triviales, des sentiments tels que le commun du peuple est accoutumé d'en avoir.
Par mépris, "Homme , âme , esprit ," se dit d'Un homme qui ne se distingue en rien du commun.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi substantif masculin, et signifie, Le peuple, le commun des hommes. "Il suit en cela l'opinion du . Combattre les erreurs du . Les gens éclairés ne pensent pas ordinairement comme le . Le ignorant."
"Le des auteurs, des artistes, des grands, etc.," Ceux des auteurs, des artistes, des grands, etc., qui ne se distinguent point, qui forment cette classe nombreuse qu'on ne remarque pas.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


Qui est commun, qui est reçu communément. "Préjugé . Croyance . Opinion . Expression ".
On appelle "Langues s," par opposition à "Langues savantes," Les différentes Langues que les peuples parlent aujourd'hui. "Les traductions de la Bible en Langues s. Dans le Grec vulgaire, on reconnoît l'ancien Grec, qu'on appelle Grec littéral".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Vulgaire, signifie aussi quelquefois, Trivial. Ainsi on appelle "Pensées vulgaires, sentimens s," Des pensées triviales, des sentimens tels que le commun du peuple est accoutumé d'en avoir.
On appelle par mépris, "Homme , ame , esprit ," Un homme qui ne se distingue en rien du commun.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Vulgaire, est aussi substantif, et signifie, Le peuple, ou ceux, de quelque état qu'ils soient, qui n'ont pas plus de lumières que le peuple. "Il suit en cela l'opinion du . Combattre les erreurs du . Les gens éclairés ne pensent pas ordinairement comme le vulgaire".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Qui est commun, qui est reçu communément. "Notion . Croyance ."
On appelle aussi "Vulgaire," Ce qui n'a lieu, ce qui n'est reçu que parmi le peuple. "Opinion . Expression ."
On appelle "Langues s," par opposition à "Langues savantes," Les différentes Langues que les peuples parlent aujourd'hui. "Les traductions de la Bible en langues s. Dans le Grec , on reconnoît l'ancien Grec, qu'on appelle Grec littéral."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi quelquefois, Trivial. Ainsi on appelle "Pensées s, sentimens s," Des pensées triviales, des sentimens tels que le commun du peuple a accoutumé d'en avoir.
On appelle par mépris, "Homme , ame , esprit ," Un homme qui ne se distingue en rien du commun.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi substantif, & signifie, Le peuple, ou ceux de quelque état qu'il soient, qui n'ont pas plus de lumières que le peuple. "Il suit en cela l'opinion du . Combattre les erreurs du . Les habiles gens ne pensent pas ordinairement comme le ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Adjectif 

VULGAIREMENT, adv. ["Vul-ghè-re", "reman": 2e "è" moy. et long. 3e "e" muet.] Ils se disent 1°. de ce qui est comun, reçu comunément. 'Notion, croyance "vulgaire".
- "Langue " se dit par oposition à "Langue savante". 'Traduction de la Bible "en langue ", en fançais, en italien, "etc." '"Le grec "; celui, qui se parle aujourd'hui dans le Levant, par oposition au "grec litéral", qui n'existe plus que dans les livres.
- 2°. Trivial. 'Pensée, sentiment "vulgaire". Voy. TRIVIAL.
- Homme, esprit "vulgaire", qui ne se distingue en rien du comun.
- 3°. "S. m." Le peuple, ou ceux, qui sont peuple. 'L'opinion, les erreurs "du ".
   Il n'est pas de nos gens; mais il brigue l'honeur
   Que "le Vulgaire" atache au nom de raisoneur.
       "Palissot".

- 4°. Quoiqu'il ait à peu prês le sens de "comun", "ordinaire", il ne peut pas toujours~ se mettre à la place de ces deux adjectifs On ne dit pas, par exemple, je crois, "rendre ", comme on dit, "rendre comun".
   Mais ces monstres, hélas! ne t'épouvantent guères
   La race de Laïus "les a rendus s".
On dirait, dans une ocasion pareille, "les a rendus comuns". = "Boileau" a dit des Conquérans:
   Entre les grands "Héros" ce sont "les plus s".
On lit aussi dans la Tragédie de "Cromvel" du P. "Marion".
   La mort et le tourment d'un scélérat "vulgaire".
Tout cela est bon en vers et ne vaudrait rien en prôse. = "Vulgaire" peut quelquefois précéder.
   Assez et trop long-tems de "vulgaires" merveilles,
   Ont des peuples oisifs fatigué les oreilles.
       "De Lille".
  VULGAIREMENT, Comunément. '"Vulgairement" parlant. On dit "vulgairement" que, "etc."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Adjectif 


de tout genre. Qui est communément en usage. Il ne se dit guere que des choses morales. Ainsi on appelle, "Langue . langage vulgaire," Le langage qui est communément usité par toute une nation, par tout un peuple. Et. "Opinion ", Une opinion universellement receuë, qui a cours dans le public.
"Vulgaire," signifie aussi quelquefois, Bas, vil, trivial. Ainsi on appelle, "Pensées s. sentimens vulgaires," Des pensées basses, des sentimens bas, tels que le commun du peuple a accoustumé d'en avoir.
On appelle à peu prés dans le mesme sens, "Style vulgaire," Un style bas, rempant, & qui n'est pas assez soustenu.
On appelle aussi, "Homme . ame . vertu ". Un homme qui ne se distingue en rien du commun, une vertu commune & ordinaire.
"Vulgaire" Est aussi subst. & sign. Le peuple. "Il suit en cela l'opinion du . combattre les erreurs du vulgaire, les habiles gens ne pensent pas ordinairement comme le ".




Emplacement dans le dictionnaire :

vraisemblance
vreille
vrillé
vrille
vûe
vue
vues
vulcanien
vulcanique

vulgairement
vulgariser
vulgarité
vulgo
vulnérabilité
vulnérable
vulnerable
vulnéraire
vulneraire
vulnérant
vulpin




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...palladien produit la douce olive, et le triste cyprès, debout sur les tombeaux, balance vainement une cime plaintive. Hélas ! N'as-tu point vu ta plus chère amitié etaler à tes yeux la face du vulgaire ? Tu ne sais pas languir et souffrir à moitié : quand tu reprends ton coeur, c'est qu'il n'en reste guère. Que ce soit dans la ville ou près des flots amers, au fond de la forêt ou sur le mont...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...unisson lamentent les corbeaux, lorsque passe l'éclair sur votre fier visage, chênes que vous devez être encore plus beaux ! 2e LIVRE (VII) Quand pourrai-je, quittant tous les soins inutiles et le vulgaire ennui de l'affreuse cité, me reconnaître enfin, dans les bois, frais asiles, et sur les calmes bords d'un lac plein de clarté ! Mais plutôt, je voudrais songer sur tes rivages, mer, de mes premiers...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...réduit, en effet, à un petit nombre de connaissances indispensables qui ne sont exigées de tous que parce qu'elles sont à la portée de tous. La science proprement dite dépasse infiniment ce niveau vulgaire. Elle ne comprend pas seulement ce qu'il est honteux d'ignorer, mais tout ce qu'il est possible de savoir. Elle ne suppose pas seulement chez ceux qui la cultivent ces facultés moyennes que...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...jeux, des temples et des autels ; la violation du droit d'asile, les manquements aux devoirs envers les morts, l'omission ou l'altération des pratiques rituelles par le prêtre, le fait d'initier le vulgaire au secret des mystères, de déraciner les oliviers sacrés, la fréquentation des temples par les personnes auxquelles l'accès en est interdit. Le crime consistait donc, non à ne pas célébrer le culte,...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...tous ces cas, l'homme se tue, non parce qu'il juge la vie mauvaise, mais parce que l'idéal auquel il est attaché exige ce sacrifice. Ces morts volontaires ne sont donc pas plus des suicides, au sens vulgaire du mot, que la mort du soldat ou du médecin qui s'expose sciemment pour faire son devoir. Au contraire, le vrai suicide, le suicide triste, est à l'état endémique chez les peuples civilisés. Il se...


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